06 décembre 2004
La solitude de l'urbaniste
La solitude de l'urbaniste
Editorial de Thierry Paquot (Dossier 304 de la revue Urbanisme)
Qui connaît le nom d'un urbaniste ? Faites le test autour de vous, les personnes interrogées donneront, après réflexion et hésitation, deux ou trois noms d'architecte, sans trop pouvoir les dater ni citer quelques-unes de leurs réalisations, mais aucun d'urbaniste. L'urbaniste est-il discret ? Pas de star system, pas de critique urbaine dans la presse (sauf lors d'"affaires"…), pas de débats d'idées à l'échelle de la société (comme pour l'écologie ou la santé, par exemple), pas de réelle médiatisation de son travail.
Il est vrai que l'urbaniste est souvent une unité plurielle, une agence, un cabinet, une association, bref, qu'il ne travaille pas tout seul. L'architecte non plus, mais le mythe du "génie créateur" fait encore rêver… De plus, l'urbaniste est tributaire de l'autorité qui l'emploie, une administration, une municipalité, un promoteur privé, une entreprise, etc. Et puis, pour compliquer l'affaire, il ne possède pas nécessairement un titre l'habilitant, aux yeux de tous, à exercer ce métier. Métier qui ignore, par ailleurs, une définition claire et admise largement par les autres professionnels de l'aménagement des espaces bâtis ou non.
La suite de l'article, c'est ici
Je tenais à lancer ma rubrique Métier Urbaniste par cet éditorial qui m'avait marqué et qui défini trés bien notre métier.
08:40 Publié dans Métier Urbaniste | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
L'article de Thierry Paquot est édifiant. Je n'ai que 28 ans et 3 ans de pratique du métier, mais je n'en suis pas moins touché. Je rencontre régulièrement quelques difficultés à expliquer mon métier et ses contenus divers et variés. Souvent, on finit par me dire..."tu fais dans le BTP en fait" ou encore "mais comment est-ce possible puisque tu n'es pas architecte?" ou même mieux: "ah c'est vous les bétonneurs!", mais encore: "ma femme vient d'hériter d'un terrain...".
Que dire encore du mot "diagnostic" qui n'est familier qu'aux médecins. C'est souvent un exemple que je donne: avant de vous traiter un médecin vous osculte et fait un diagnostic...ensuite il agit et fait appel à des spécialistes si nécessaire...et ordonne un traitement.
Thierry Paquot a terriblement raison lorsqu'il invoque le manque de "culture de la ville". Soyons francs et cela n'est pas une insulte, mais en Fance, la culture de la ville s'arrête au bout du jardin pour 75% de nos contemporains! Sur l'île de la Réunion, le taux atteint 95%.
La culture urbaine est plus animée en Italie ou aux USA par le biais de mouvements associatifs notamment.
En France, nous sommes aux balbutiements de la démocratie participative et de la concertation mais ça évolue dans le bon sens. L'urbaniste français est de plus en plus un médiateur et cette fonction est de plus en plus indispensable au fonctionnement des villes.
Ecrit par : David Lizion | 10 février 2005
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